Biographie de Frédéric Rossif (1922-1990)
Originaire de Yougoslavie, la famille Rossif s'enfuit en Grèce durant la seconde guerre mondiale. Après des études à Rome, le jeune Frédéric Rossif s'installe à Paris en 1945, où il devient tout d'abord employé à la Cinémathèque Française, avant d'entrer à l'ORTF en 1952.
En sa qualité de producteur/réalisateur de télévision, il donne naissance à de nombreuses émissions, parmi lesquelles Cinq colonnes à la Une, ou La vie des Animaux. Son goût pour la vie sauvage ne se démentira pas, lorsqu'il passera au long-métrage, puisqu'il réalisera plusieurs documentaires animaliers, parmi lesquels La Fête sauvage (1976), ou Sauvage et Beau (1984).
Grand spécialiste du film de montage, se servant d'images d'archives, il choisit, après quelques courts, de relater pour son premier long-métrage l'histoire du ghetto de Varsovie, dans Le Temps du ghetto (1961). Si ce documentariste s'intéresse particulièrement à l'Histoire contemporaine (Mourir a Madrid, 1963, Un mur à Jérusalem, 1968), on en recense pas moins dans son œuvre des portraits d'artistes (Pablo Picasso, peintre, 1980, Georges Braque ou le Temps différent, 1974), et même une fiction (Aussi loin que l'amour, 1971).
La carrière de Frédéric Rossif est en outre marquée par sa collaboration récurrente avec des compositeurs de renom, Maurice Jarre tout d'abord, puis Vangelis, notamment pour De Nuremberg à Nuremberg (1989). Réalisé un an avant la mort du réalisateur, le film retrace l'histoire de l'Allemagne nazie (et par là celle de l'Europe et du monde) depuis 1935, date des grands rassemblements de fanatiques hitlériens à Nuremberg jusqu'à la capitulation et au procès historique qui eut lieu dans cette même ville.
Frédéric Rossif meurt en 1990 à Paris, où il est enterré.
Frédéric Rossif
Un mur à Jérusalem
Frédéric Rossif, Albert Knobler
Réalisé en 1968 au moyen d’archives, souvent inédites, Un mur à Jérusalem retrace l’histoire conflictuelle du « fait israélien » : l’implantation des premiers colons sionistes en Palestine au début du siècle, « le foyer national juif » au lendemain de la guerre 14-18, la création de l’État d’Israël en 1948 et les guerres israélo-arabes de 1948, 1956 et 1967. De l’aspiration légitime à une terre pour les rescapés des pogroms et de l’Holocauste, et de sa conséquence : le drame palestinien ; Rossif fait une description toujours honnête, ne gommant aucune des responsabilités dans un problème qui reste d’une actualité brûlante.
Mourir à Madrid
Frédéric Rossif
En 1936 éclate en Espagne une guerre civile qui met aux prises les Nationalistes, menés par Franco, aux Républicains. Pendant 4 ans, ce conflit cristallise le choc des idéologies du XXème siècle, et aboutit à la dictature franquiste, qui durera jusqu’à 1975.
« De 1936 à 1939, mille ans d’histoire ont explosé en Espagne. Ce fut la dernière guerre des hommes, la première guerre totalitaire. Au cours de ces quatre années, un monde mourut. Un autre, le nôtre, naquit. Ce moment est notre film, l’histoire d’un tournant. » Frédéric Rossif



