Politique et cinéma
Le Dernier été
Claude Goretta
1934, Georges Mandel (1885-1944) est nommé ministre des PTT. C’est pour lui l’occasion d’assouvir son seul but : agir. Agir pour un service public digne de ce nom. Agir pour le progrès. Mais surtout agir contre la montée du nazisme en Allemagne et de l’extrême droite en France. Inflexible, Georges Mandel va mener un combat de tous les instants.
Collaborateur de Georges Clemenceau, député, ministre, Georges Mandel sera toute sa vie victime d’abjectes campagnes antisémites. Dès sa nomination comme ministre en 1934, il se dressera contre le nazisme. Il sera le premier homme politique français à avoir perçu l’importance et la signification de l’hitlérisme. Winston Churchill le désignera comme le « premier résistant » français.
Le Maréchal Pétain le lui fera payer en le faisant assassiner par la milice en 1944.
Opération Hollywood
Emilio Pacull
Le cinéma américain - qui ne cesse de représenter la guerre - entretient depuis toujours un rapport ambigu avec le Pentagone. Quelle est la nature des relations entre Hollywood et l’armée américaine ? Qui influence qui ? Qu’est-ce que cette collaboration nous enseigne sur le cinéma et sur la vision que nous avons de la guerre ?
La longue collaboration entre Hollywood et le Pentagone a permis aux Américains de produire des films aux budgets gigantesques et à l’efficacité redoutable… Retour sur une association fructueuse, de la Première Guerre mondiale au conflit irakien, en compagnie de cinéastes, de militaires et d’agents des services spéciaux. Entre ententes cordiales et profonds désaccords, entre censure, auto censure souvent des scénaristes et propagande gouvernementale, ce film retrace les soubresauts d’une coopération fort complexe qui nous rappelle que le « guerre de la nerf » de cette infernale machinerie est bien l’argent…
Nourri de longs et larges extraits de films (Wings, Le Jour le plus long, Top Gun, Pearl Harbor, Apocalypse now, Platoon, Patton, Full Metal Jacket…), le documentaire de Maurice Ronai et Emilio Pacull radiographie plus de soixante ans de cinéma de guerre américain et y décrypte l’influence stupéfiante du Pentagone sur la culture mondiale depuis les années 20. Une influence qui va grandissante quand nous connaissons le matériel colossal que l’armée met à disposition du cinéma et le coût exorbitant que coûte aujourd’hui la super production d’un film de guerre.
Une enquête d’investigation fouillée, qui se regarde comme un film à suspens et qui s’appuie sur de nombreux témoignages : interview de réalisateurs, de producteurs, de critiques et historiens de cinéma, mais aussi de membres du Pentagone, parmi lesquels Philip Strub, responsable des « Relations avec le Cinéma »
Le Système Poutine
Jean-Michel Carré
Lorsqu’il est nommé Premier ministre par Boris Eltsine en août 1999, Vladimir Poutine, ancien membre du KGB entré dans cette institution par conviction à l’âge de 23 ans, est un homme de l’ombre totalement inconnu du grand public. Moins d’un an plus tard, il est élu président de la Russie avec 52 % des voix et fait de sa réélection en 2004 un véritable plébiscite.
Qui est Vladimir Poutine ? D’où vient l’homme qui réarme la Russie, contrôle aujourd’hui avec Gazprom 30 % de l’approvisionnement en gaz de l’Europe et entend peser de manière décisive sur le nouvel échiquier géopolitique du monde ?
Produit du système KGB, Vladimir Poutine a manié discrètement toutes les règles du jeu pour atteindre le sommet du pouvoir. Grand arbitre au Kremlin, il a gravi patiemment tous les échelons du pouvoir, orchestré avec méthode et conviction un nouveau système qui vise à restaurer la puissance de « la Grande Russie ». Un système complexe qui a mené à la tragédie en Tchétchénie, aux manipulations à répétition en Ukraine, à l’étouffement de l’opposition politique, à la « privatisation de l’état » sur fond de libéralisme économique à outrance et à la mise en place d’un goulag psychologique où la maîtrise des outils d’information et de communication permet le contrôle du peuple. Mais Vladimir Poutine est adulé du peuple russe…
De l’école du KGB où il acquiert le mode de fonctionnement intellectuel et les pratiques de l’organisation, à Saint-Pétersbourg où il se constitue un réseau de subordonnés politiques dévoués et d’industriels puissants puis au palais du Kremlin et au sommet du G8, ce sont 30 années d’histoire chaotique de la Russie que décrypte ce passionnant thriller politique au travers du parcours de Poutine.
Un travail d’investigation remarquable de Jean-Michel Carré et Jill Emery, enrichi d’une quarantaine de témoignages d’agents du FSB (nouvelle appellation du KGB), d’anciens collaborateurs, professeurs, amis d’enfance de Poutine, d’éminents économistes et historiens, en passant par la petite-fille de Khrouchtchev, l’oligarque Berezovski en exil à Londres et l’ancien champion du monde d’échec Garry Kasparov.
Viva Zapatero !
Sabina Guzzanti
Dans une Italie où Berlusconi contrôle la quasi-totalité des médias, Sabina Guzzanti, célèbre humoriste italienne, voit son show déprogrammé de la télévision publique (RaiOt, série de satirique politique diffusée sur la RAI 3, la troisième chaîne publique italienne) après sa première diffusion sous prétexte de « vulgarité » et « d’insultes » au gouvernement de Sylvio Berlusconi.
À l’occasion de cette mise à pied, Sabina Guzzanti va enquêter avec autant d’humour que de sérieux auprès de la classe politique et médiatique sur l’état de la démocratie en Italie et en Europe.
Un brûlot sans concession qui dénonce la main mise abusive et dangereuse du « Cavalière » sur les médias et les groupes d’influences en Italie. Sylvio Berlusconi, ne détient pas moins que le groupe de télévisions privées Mediaset, les trois chaînes publiques (en tant que Chef du gouvernement à l’époque), la maison d’édition Mondadori, la régie publicitaire Publitalia, la société de production et de distribution cinématographique Medusa et même le club de foot du Milan AC. Pire, en 1994, il fait adopter la « loi Gasparri » qui lui permet de conserver ses monopoles et d’accroître ses possibilités de gains et d’expansion.
Un documentaire féroce, décapant, de Sabrina Guzzanti, vedette de la farce satirique en Italie, qui traque, micro en main, dignitaires de la RAI, notables de Forza Italia, opposition(s) de gauche incapable(s) de réagir, journalistes complaisants, et qui dresse un tableau cinglant de la censure et du manque de liberté d’expression que connaît l’Italie d’aujourd’hui.
Les Protocoles de la rumeur
Marc Levin
Au lendemain du 11 septembre 2001, des voix se sont fait entendre, partout dans le monde, pour accuser les Juifs d’avoir commandité les attentats de New York et Washington… Une telle mystification n’est pas sans rappeler celle des tristement célèbres Protocoles des Sages de Sion, prêtant aux Juifs depuis plus d’un siècle l’intention de prendre le contrôle de la planète.
Frappé par le regain d’antisémitisme qui sévit dans son pays, Marc Levin part à la rencontre de tous ceux qui persistent à croire que les Juifs ont orchestré le 11 septembre, et qui contribuent à faire des Protocoles des Sages de Sion un best-seller. Son périple au cœur de la haine et de l’intolérance commence…
Dans Les protocoles de la rumeur, Marc Levin tente de décrypter les raisons de la subsistance et du regain de popularité des thèses antisémites aux États-Unis et à travers le monde. En évitant tout manichéisme, Il part à la rencontre des antisémites de tous bords, des communautés blacks du New Jersey au Président d’une organisation néo-nazie en passant par la communauté Palestinienne, mais également des rabbins et de tous ceux qui font ou luttent contre l’antisémitisme aujourd’hui, et réussit par une démonstration socratique à démonter des discours tous plus délirants les uns que les autres.
Un mélange de souvenirs personnels, d’images d’archives, d’interviews et d’articles extraits des Protocoles des sages de Sion, pour un portrait effrayant et édifiant d’une Amérique perdue qui cherche encore ses bourreaux.
The Staircase (Soupçons) : épisode 1
Jean-Xavier de Lestrade
9 décembre 2001. Durham, Caroline du Nord. La police découvre le corps sans vie de Kathleen Peterson, en bas d’un escalier de sa maison. On pense tout de suite à un accident. Elle et son mari, Michael Peterson, formaient un couple uni, au sein d’une famille sans histoires.
Très vite, pourtant, les soupçons se portent sur Michael, romancier à succès et personnage public. Quelques jours plus tard, il est inculpé par le procureur Jim Hardin. Pour se défendre, Peterson engage alors David Rudolf, l’un des avocat les plus reconnus du sud des Etats-Unis. Alors crime ou accident ?







