Internet : La pollution cachée (DVD)

5/5 (2 avis)

de Coline Tison, Laurent Lichtenstein

Aujourd’hui, 2,5 milliards de personnes sont connectées dans le monde et la moindre de nos activités est enregistrée grâce au réseau mondial. Propre en apparence, le monde virtuel est beaucoup plus polluant qu’on ne l’imagine.

En effet, les « datacenters », ces usines qui stockent les informations et fonctionnent jour et nuit, ont des besoins immenses en électricité et utilisent parfois des énergies électriques polluantes comme le charbon ou le nucléaire.

De la musique aux vidéos, en passant par nos mails et les réseaux sociaux, notre consommation énergétique virtuelle a un impact direct sur l’environnement.

La conscience écologique dépasserait-elle enfin les frontières de notre monde réel ?

Commentaire

C’est l’histoire de Rebecca et de son double numérique. Cette petite fille qui vient de naître a déjà une identité virtuelle. Fil rouge de ce documentaire, elle incarne ce début de XXIe siècle qui a vu Internet envahir nos vies : la moindre de nos activités, comme payer nos impôts, acheter un livre, commander des fleurs, est numérisée, informatisée et circule via le réseau.

Aujourd’hui, 247 milliards de mails transitent chaque jour par la Toile. Une façon plus économique et moins polluante de communiquer, pourrait-on penser : il n’en est rien ! « Internet, c’est avant tout une infrastructure de réseaux lourde, ce sont des millions de kilomètres de cuivre, de fibre optique. » rappelle Jean-Luc Vuillemin, directeur réseau chez Orange.

Pierre angulaire du système, le data center est le centre qui permet de traiter les données, de les stocker, puis de les réorienter vers leurs destinataires. Or, les besoins en électricité de cette base névralgique qui fonctionne jour et nuit sont énormes, parfois autant que ceux d’une grande ville ! Seule façon d’assurer à la fois la ventilation des milliers de serveurs en surchauffe et d’alimenter les générateurs qui prémunissent contre les coupures d’électricité…

Une activité particulièrement énergivore

Les data centers où transitent des milliards de données sont aussi de gigantesques consommateurs d’électricité, produisant des gaz à effet de serre.
Entre 1990 et 2003, notre monde virtuel a produit cinq millions de gigaoctets de données. En 2011, il fallait quarante-huit heures pour générer cette même quantité. En 2013, il faut seulement dix minutes.

Quelles sont donc les conséquences énergétiques d’une telle production ? Pour en saisir toute la dimension, il faut se rendre aux Etats-Unis, en Caroline du Nord, où est implantée la majorité des data centers, tels que ceux de Facebook, Google et Apple qui à, eux seuls, pompent 5 % de l’électricité de l’Etat.
« Les autorités de Caroline du Nord ont tout fait pour attirer les data centers. Ce sont de gros clients, explique James McLawhorn, directeur énergie de la Commission d’utilité publique. Il leur faut du sept jours sur sept, et la seule façon de répondre à leurs exigences électriques, c’est de les alimenter avec des centrales nucléaires ou des centrales à charbon. » Celles de la Virginie-Occidentale voisine génèrent 12 % de la production américaine de charbon. Mais, au fil des années, leur exploitation a pollué les rivières et transformé des centaines de montagnes en paysage désolé.

« C’est ici que le nuage, le Cloud, devient réalité : il touche le sol », alerte Gary Cook, spécialiste nouvelles technologies de Greenpeace. C’est lui qui, l’an passé, lors du Green Grid, forum vert qui réunit chaque année les sociétés de l’informatique, a sorti le rapport les classant en fonction de leur utilisation des énergies fossiles.
Les entreprises visées ont réagi par des innovations : Google a, depuis, inauguré un data center en Finlande qui fonctionne grâce au froid et à l’énergie hydraulique et Apple a construit la plus grosse ferme solaire du pays.

Mais les énergies renouvelables posent le problème de l’intermittence, c’est-à-dire qu’elles ne garantissent pas une distribution stable, indispensable aux data centers. Se peut-il que les nouvelles technologies de consommation énergivores portent en elles la solution ? C’est ce que pense l’économiste américain Jeremy Rifkin : « La convergence entre les nouveaux moyens de communication et les énergies renouvelables change complètement la donne. C’est une révolution qui va bouleverser l’économie, la culture, la politique et même les relations de pouvoir. »

Anne-Laure Fournier

Article paru sur le site de France 5 à propos de la diffusion du documentaire « Internet : la pollution cachée » .

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Tout le monde devrait regarder ce documentaire.

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documentaire édifiant à connaitre !

Réalisation Coline Tison, Laurent Lichtenstein
Audio / Vidéo
  • PAL
  • Format 16/9 - 1.77
  • Zone 2
  • Stéréo
  • DVD 9
couleurs
Nombre de disques 1
Durée 52 min
Année de production 2014
Date de sortie du DVD 5 mai 2015
Référence 3346030027745
Éditeur

Éditions Montparnasse

Éditeur : Éditions Montparnasse

Également disponible dans la collection Docs citoyens