Nouvel an, des vœux impossibles?

Au soir du 31, l’exercice est difficile. Nous nous souhaitons de tout cœur une bonne année : succès en tous genres, amour, argent, santé, n’est-ce pas! Mais comment y croire vraiment? Autour de nous, les nouvelles sont si violentes que la dérision pointe derrière ces vœux. Le terrorisme, la guerre, le chômage, la pollution, la mondialisation, l’inquiétude est là, douloureuse. Comment se souhaiter du bonheur avec ces menaces, cette crainte qui nous étreint trop souvent ?

Clément Mouttiez répond à sa manière à cette interrogation. Dans un petit livre consacré à sa sœur trisomique, Ma soeur, cette fée carabossée,  ( Carnets Nord, sortie 15 janvier) il nous livre la recette du bonheur : la bienveillance du regard, l’amour de l’autre. Il nous dit même une chose stupéfiante, sa sœur est le bonheur, non pas sans difficultés- et là avec une drôlerie et une sincérité remarquables, il parle de la trisomie au quotidien- non pas sans inquiétudes, mais simplement parce que le regard qu’elle a et qu’elle lui donne, qu’elle donne à sa famille est aussi celui de l’amour.  Se donner ?  Un don réciproque de la vie!

Clément Mouttiez a aujourd’hui 31 ans. Sa famille a adopté sa sœur trisomique, alors qu’il n’avait que 6 ans. Domitille a aujourd’hui 26 ans, et c’est tout ce voyage, depuis ses premiers jours dans sa famille, qu’il nous raconte avec un humour et un amour décapant.  En exergue du livre, deux citations :  » et ta sœur?- elle bat le beurre. Et elle pisse bleu, t’as rien à teindre? « dicton populaire… et puis tiré de La Servante du Seigneur, de Jean-Louis Fournier : «  l’humour, c’est une parade, un baroud d’honneur devant la cruauté, la désolation, le difficulté de l’existence. » Clément et Domitille opposent l’humour et l’amour à la cruauté. Ils nous font rire et nous donnent espoir. Merci à eux.

bonne année à tous

PS.  et je rajoute cette phrase tirée  du « Grand Maître  » de Jim Harrison, en cours de lecture: « l’argent serait formidable si nous ne mourions jamais, mais vu que nous sommes mortels, c’est une obsession ridicule.  » C’est peut-être pour cela, la possession de l’argent, que tant de milliardaires américains travaillent sur l’immortalité ou du moins sur la possibilité de repousser l’âge de la mort! Vœux impossible !

 

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