Ils veulent que nous ayons peur. J’ai eu peur, mais je résisterai. Ils ne m’abattrons pas.

Certains rescapés des attaques terroristes de cette nuit s’exprimaient ainsi. La peur est humaine, le courage est nécessaire. Il ne faut pas se soumettre à celle-ci. Devant les images terribles de mort, en entendant les commentaires des journalistes, nous étions dans un état proche de la « sidération, »  auquel pouvait succéder la colère.  Colère contre les assassins, ces islamistes français ou syriens, ou d’autres nationalités, puisqu’il s’agit d’une internationale de la violence. Colère contre nous-mêmes, la communauté des humains, capable de faire surgir en son sein, de tels esprits dévoyés. Sidération encore parce que nous ne pouvions qu’imaginer ces attaques si proches…nous étions sans réponse.

Que dire sur cet ennemi de l’intérieur? Il a grandi au milieu de nous. Nous l’avons laissé grandir en enfant malfaisant. Nous avons été faibles. Nous ne lui avons pas donné les valeurs ou les principes de notre culture, de notre histoire. Il ne les a pas reconnus ces principes: Liberté, égalité, fraternité. Il les a rejetés pour s’en choisir d’autres dont on le nourrissait ici même. J’aimerai penser que pour empêcher la dissémination de cet ennemi, on montre à quel point aimer ce pays et ses valeurs est fondamental. Pourrait-on imaginer que tous les français expriment leur amour pour ces valeurs? Si oui, il faut que tous les moyens soient pris pour que cet amour oblige chacun. Peut-on imaginer que 66 millions de français prêtent serment dans toutes les mairies de France sur leur engagement en faveur de ce pays?

Fou, ce projet? Peut-être, mais drôlement nécessaire. Les valeurs viennent de notre histoire. Elles doivent être enseignées et reconnues. Il y a un esprit, une continuité de l’Histoire de France. Cet esprit est fort. Arrêtons de le remettre sans cesse en cause. A ces assassins, il faut montrer l’image d’un peuple fort, soudé dans l’amour de ce pays.

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Hommage à René Girard, une autre voie pour l’Humanité

Allemand, chinois, américain? Quel modèle pour les européens?

les peuples européens ne savent plus à quels saints se vouer, entre la domination allemande, la conquête chinoise, le redressement américain. Quel modèle adopter? Peut-on prendre un peu du meilleur de chacun? La rigueur de nos voisins d’Outre-Rhin, en oubliant les victimes d’un modèle social sans pitié, les excès d’une politique budgétaire défavorable aux européens? Le soutien sans faille de l’Etat chinois à ses entreprises qui injecte argent et protection juridique au détriment des « étrangers »? Ou encore une puissance américaine qui exerce un triomphe planétaire en « laissant faire » l’innovation individuelle? Ici pas d’intervention de l’Etat, si ce n’est pour encourager fiscalement les grandes entreprises, Google, Amazon, Apple, à dévorer le marché mondial des nouvelles technologies. Et la planche à billets du dollar fonctionne pour que la finance soutienne l’investissement.

L’Europe dans tout cela? Il me semble qu’elle ne prend guère en compte les atouts développés par ces grands concurrents. Elle reste timide sur le soutien financier à l’investissement, elle ne protège pas le marché intérieur au nom de la libre-concurrence et du consommateur-roi, elle subit, médusée, la destruction de son environnement social, économique, culturel.

Ce constat déprimant fait, nous pouvons en faire un autre, la nécessité de tourner le dos à des systèmes lancés à toute vitesse vers le précipice d’une Apocalypse décrite par le philosophe René Girard dans Achever Clausewitz, (Carnets Nord/Editions Montparnasse) ou nucléaire, démographie, et environnement se conjuguent pour que notre Monde disparaisse au XXI° siècle. Donc oublions cette course finale, écoutons l’économiste Jérémy Rifkin qui prône une fusion d’Internet et des énergies renouvelables, alors que les énergies fossiles polluantes, de plus en plus chères, jouent une « fin de partie ». Ne nous entêtons pas, dit-il, imaginons un monde ou des centaines de millions de personnes produisent leur propre énergie à domicile, au bureau, à l’usine et la partagent sur un Internet de l’énergie.

Rifkin explique encore dans La Troisième Révolution Industrielle (Les Liens qui Libèrent) comment celle-ci peut créer des milliers d’entreprises et des millions d’emplois.Nous avons trente ans pour mettre en route une autre société sinon notre planète sera invivable pour l’homme avant la fin de ce siècle.

Le 12 juin 2008, le président du parlement européen, Hans-Goert Potetring, dans un discours à la deuxième Agora citoyenne de l’Union européenne prononçait ses mots: La tâche prioritaire de l’Union dans la première moitié du siècle sera- pour citer Jérémy Rifkin-  d’ »ouvrir la voie d’une troisième révolution industrielle. » Réduire les émissions de CO2 n’est qu’une partie de la question; l’heure du passage à une économie pauvre en carbone a sonné. Ce sont les piliers de « la troisième révolution industrielle » que Jérémy Rifkin a si puissamment présenté: recours accru aux énergies renouvelables, construction de bâtiments qui produisent leur propre énergie et passage à l’utilisation de l’hydrogène pour stocker l’énergie » .

C’était en 2008, ou en sommes-nous, 5 ans plus tard, de ces intentions? l’Europe doit êtreaudacieuse, oser changer de modèle, oublier ces modèles allemand, chinois ou américain qui sont « dépassés », « meurtriers », « sans avenir ». Mais il y a urgence.

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Les Prix d’automne

Les Prix littéraires, Goncourt, Renaudot, Médicis, Interallié et Grand prix de l’Académie française, pour ne parler que des plus prestigieux, sont des prix d’automne. Ils sont comme les feuilles des arbres ces jours-ci : flamboyants, aux couvertures de toutes les couleurs du rouge, jaune, crème et encore vert. Les feuilles hésitent encore sur l’arbre, certaines tombent doucement. Cette saison qui précède l’hiver est la plus somptueuse, même si les autres  saisons jouent bien leur partition. Celle des Prix est semblable. La tête nous tourne devant les tables des libraires, les candidats à la récompense. On veut oublier ceux que l’hiver enterrera rapidement pour ne regarder que les lauréats. Injuste ! me dit l’auteur d’un texte magnifique  qui ne figure pas dans la dernière liste. Oui, injuste et nécessaire. Tous ne peuvent pas être couronnés. Le premier ne sera pas forcément le meilleur à mes yeux, mais peut-être si aux vôtres, et espérons à ceux des jurés!

Nos goûts – et ceux des jurys encore plus- ne sont pas objectifs. C’est le charme de la vie, ce qui assure sa diversité. Choisir ? Le jury, pas plus que vous ou moi, n’a tout lu. Comment fait-il donc alors? Cela reste un mystère, même si certains nous disent: mais si, dès avril on sait par la rumeur, ceux que les métiers du livre désignent, qui susciteront de l’intérêt, plaira. Au final, le primé sera dans une des grandes maisons d’édition, comme si il ne pouvait émerger que de là! Moi-même, je vais choisir ceux dont on parle. 2084, la fin du monde, le plus étonnant pour moi par le style et l’histoire, métaphore apocalyptique d’un Islam ( jamais désigné comme tel) totalitaire. L’écriture de l’algérien Boualem Sansal est juste, poétique et sombre encore. Il y a un coté « Conte des mille et une nuits » par le labyrinthe qui nous est proposé. 2084 vaut-il le célèbre 1984? La seule chose c’est que les dates se veulent annonce identique d’un monde totalitaire sans que l’une et l’autre fixent le moment ou cela arrivera. 2084 peut arriver demain, ou jamais! Boualem Sansal n’était plus dans la dernière liste du Goncourt, quel dommage! mais vient d’être heureusement couronné par le Grand prix de l’Académie française.

L’autre roman que j’ai aimé nous renvoie lui dans un passé moyenâgeux, milieu du XIV° siècle; La Terre qui penche de Carole Martinez . Son monde à elle est féerique et violent. Il présente sur ce point quelque analogie avec 2084. Ses héros sont surtout des héroïnes, une rivière, qui descend des contreforts du Jura, que peu d’entre vous connaissent, La Loue – mais dans laquelle je me suis baigné, il y a quelques années- elle est vivante, colérique, assoupie, aimante, elle se déguise même en humaine, elle l’a été… et puis une petite fille qui nous parle du Pays des morts, mais chut, pas plus, l’amour est là, fort, étonnant, courtois, cru, je vote pour Carole Martinez et Boualem Sansal et …

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« Je fais ma part »

Bon nombre d’entre vous connaissent la métaphore du colibri, rendue célèbre par Pierre Rabhi. Ce minuscule oiseau qui, alors que la savane est en feu, ne cesse de faire des allers-retours entre un trou d’eau et le brasier, portant dans son bec une goutte d’eau qu’il jette dans le feu. Les animaux fuient tous de toutes leurs forces cet immense incendie, et en voyant le colibri qui s’épuise à toute vitesse dans cette lutte lui disent: « mais tu es fou, fuis avec nous, ce que tu fais ne sert à rien! ». Et le colibri de répondre simplement: « je fais ma part ». Cette métaphore devenue par le biais de Pierre Rabhi, la signification de notre engagement qui ne peut se dérober derrière les autres, ceux qui ne font pas.

Mon ami François Gall, l’ancien producteur de l’émission de télévision « Des trains pas comme les autres » d’une immense culture, que je rejoins certains samedi matin dans un café parisien pour parcourir le monde, son actualité comme son Histoire, ne s’étonne pas quand je lui raconte cette histoire.  » François I° l’avait fait graver sur sa tombe« . De là,  la conversation prend deux directions. Quelques appréciations sur ce roi, trop rapide, trop beau et trop préoccupé des femmes et de l’Italie. « Oui, mais c’est lui qui dit: la langue de Paris sera celle de la France, mettant un mouvement d’unité du pays par une langue commune, de même qu’il créera le Collège de France pour que cette langue se développe, de même que par cette décision reléguera le latin à un second rôle. » Il réaffirmait ainsi: « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu », cette formule de Jésus-Christ, lui-même, en réponse aux pharisiens qui lui demandaient s’ils devaient payer les impôts aux romains. Cette parole réalimentera, en 1905 en France, le débat sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat et servira les tenants de la laïcité.

Transmettre, c’est aussi faire sa part, ajoute François – le mien, pas le Roi- Il faut le dire, cette transmission, il l’a parfaitement réussie à France 2, laissant après trente ans de pilotage,  l’émission à la jeunesse, (1) à celui que la direction désignerait, ne s’estimant que l’homme d’un instant. Même si c’est lui qui avait créé cet instant. En l’occurrence cette émission, qui continue de faire les beaux jours de la chaine. Sans lui. Ai-je fait ma part, c’est une autre histoire,  sourit-il. Quelle sagesse apparente!  François dépasse allègrement les nonantes ans, comme disent nos voisins les belges, la folie des Trains l’a occupée jusqu’à il y a dix ans. Si je compte bien, il le conduisait encore ce train à quatre vingt dépassés, et gaillardement.  Bon dimanche!

(1) mais je ne connais pas d’homme aussi jeune que lui, d’une mémoire stupéfiante, d’une ouverture d’esprit phénoménale, d’une curiosité  sans pareille.

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« La piraterie nous tue »

L’an dernier dans une tribune du journal Libération, le fameux distributeur de films Jean Labadie avait ainsi apostrophé la ministre de la culture de l’époque, Aurélie Filipetti. Il désignait comme premières victimes de la piraterie, le DVD et la Vidéo la demande. Nous ne cessons de constater les dégâts de cette piraterie. Et en tirons une première conclusion, en suspendant notre plate-forme de vidéo à la demande. L’opinion, dans son ensemble, ne comprend pas que la piraterie est un vol au même titre que les pirates n’aimeraient pas qu’on leur prenne le fruit de leur travail, ce qui les nourrit et traiteraient de voleurs ceux qui le feraient. Un vol destructeur puisqu’il empêchera à terme la production et la distribution des films et documentaires.

Pourquoi payer ce qui est gratuit? Nous apostrophons à notre tour la ministre de la culture d’aujourd’hui Fleur Pellerin : que faites-vous pour empêcher ce vol et cette destruction de valeurs?  La loi n’est pas suffisante?  Changez-là! Mais cela nous le répétons depuis des années sans résultat. A Montparnasse, nous conservons l’envie de vous proposer nos sélections, ces films et ces documents qui parlent du monde d’aujourd’hui, qui montrent la diversité des points de vues, qui permettent de découvrir des regards et des talents originaux.

Et parce que je reste persuadé que notre métier est de s’ouvrir sans cesse à d’autres voix, et que j’aime le souligner dans ce blog,  voilà un e voix passionnante, celle de cet hebdomadaire lancé par des anciens du journal Le Monde : le un, avec un grand 1 que je ne peux reproduire ici. Eric Fottorino en est le fondateur et le directeur. Des analyses dans l’actualité, pas soumises à l’actualité, ni à l’idéologie réductrice. Prenons le numéro 63, celui du mercredi 1 juillet, avec les points de vues de deux écrivains algériens. Le premier, celui de Boualem Sansal, que la publication fin août de 2084, la fin du monde, va faire connaitre au public français, est d’une audace et d’une liberté inouïe. Il renverse tant d’idées reçues sur l‘Algérie! Le second, Kamel Daoud, révélé l’an dernier par son roman, Meursault contre-enquête, analyse au scalpel, un pays livré à ses démons. A lire absolument. Mais le 58, sur la panthéonisation de la Résistance avec un entretien de l’historien Pierre Nora et du philosophe Michel Onfray, le 56 sur les migrants avec un billet de Jean-Christophe Ruffin, sont aussi indispensables.  Des pensées qui sortent des sentiers battus, qui s’écartent des médiatisations rabâchées. Cela fait du bien.

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les menteurs et les pollueurs en première ligne!

Les Usa sont les premiers pollueurs du monde, à tous les niveaux : OGM, gaz de schiste, production industrielle de céréales, corruption par l’argent, et voilà qu’avec l’affaire Volkswagen, ils se donnent une fois de plus le beau rôle.

Les allemands imposent depuis quelque temps leurs diktats aux européens: nous sommes les meilleurs, à tous les niveaux, la fameuse qualité allemande! Et voilà que ceux-ci se font prendre la main dans le sac par le premier. Que le premier va mettre à l’amende le second comme il l’a fait avec les banques françaises sur des questions d’embargo américain.  Incroyable, le premier pollue et corrompt à tout va, le second développe une production agricole destructrice des paysans et de la bonne nourriture alimentaire, et trafique les émissions de gaz de ses automobiles. Et cette comédie n’est guère soulignée.

L’Europe devrait mettre le holà à ces mensonges, à ce terrorisme d’Etat. Que les Etats-Unis et l’Allemagne balayent devant leurs portes. Qu’ils mettent leurs banques responsables des subprimes et des dégâts en Grèce, en Afrique et ailleurs, au pas. Qu’ils  encadrent Google et les autres Multinationales tentaculaires qui nous envahissent au mépris des règles de la concurrence, et hors de toutes contraintes fiscales.

Que les allemands enfin arrêtent leur expansion par le biais d’une Commission européenne complaisante. On peut rêver. Mais c’est un rêve nécessaire.

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Des champs de la culture à la culture des champs, il n’y a qu’un pas : d’abord Anaïs de Bretagne, reine des champs.

Anaïs de Bretagne, reine des champs, c’est le titre du très bel article que Jean-Claude Raspiengeas, dans la Croix du 12 septembre, consacre à l’obstinée cultivatrice des plantes. Anaïs, dont nous vous proposons l’histoire dans le documentaire publié en DVD chez Montparnasse, est bien de ces personnes rares qui veulent vivre leur passion. Contre vents et marées. Anaïs a vingt-quatre ans. Boule d’énergie, fourmi affairée, elle vit accroupie, à quatre pattes, grattant la terre pour planter, désherber, récolter, biner et tirer de cette matière première une forme de revenu ( hypothétique) auquel ne se résume pas son but dans l’existence dans l’existence. (…) un conte et une belle leçon d’espoir pour cette rentrée. JC Raspiengeas donne le ton. On ne peut qu’aimer et admirer Anaïs. Et s’étonner des mauvais combats des agriculteurs productivistes.

Agriculteur, éditeur. Cette étrange comparaison ( agriculture et culture même combat!) que je racontais la semaine dernière se confirme. Sur les tables des libraires les plus exigeants se retrouvent les mêmes. Dans les listes de prix aussi. Dans les critiques des meilleurs journalistes idem. Un unanimisme réducteur : une trentaine de titres édités chez les grands revenant en boucle, couverts de louanges. Les mêmes aux mêmes. 30 sur 550 textes publiés pour les français, comme s’il n’y avait pas dans le reste de quoi trouver audace, style, qualité de toutes sortes. Pourquoi seulement ces trente dont la plupart ont déjà la notoriété, pourquoi les trente mêmes qui occupent déjà les listes des prix, les pages des journaux spécialisés ?

Un libraire me livre une partie du mystère: nous sommes invités en avril/mai à rencontrer les productions des grands éditeurs. Nous avons devant nous ce qui fera la rentrée, le buzz, notre chiffre d’affaires. Nous aurons les meilleures remises ( financières). Notre travail est plus facile. Le client est dirigé sur le livre à acheter.  Alors effectivement les dés sont pipés. La culture vaut l’agriculture. Les gros et la distribution possèdent le marché au dépend du lecteur qui ne sait pas ce qu’il perd. La diversité de l’offre.

 

 

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Agriculteurs, éditeurs, même combat!

c’est le titre d’un billet de Georges Levi, spécialiste des marques et du storytelling, dans Les Echos de ce lundi 7 septembre. Georges Levi: on dit que le marketing, comme les humains, marche sur deux pieds : le volume et la valeur. Chacun choisit son camp: faire du mass-market ou se concentrer sur un marché de niche. En réalité la concentration de la distribution ne fait que des unijambistes. Les fermes font faillite, et à l’heure de l’annonce des prix littéraires, l’an dernier 252 éditeurs ont mis la clef sous la porte.

Dans les deux cas, la distribution des produits est très bien organisée. (…) elle capte la plus belle partie de la valeur. Georges Lévi prône la réinvention du système: moyens directs d’atteindre leurs consommateurs. Et d’expliquer pour la partie édition, l’initiative de l’éditeur François Bourrin qui crée des rencontres auteurs-lecteurs et institutionnalise ses twins , le traitement d’un même sujet sous deux angles différents.

Oui c’est vrai, la qualité ne suffit plus, mais dépend de la capacité des acteurs à retrouver un lien direct avec leurs consommateurs ( ou leurs lecteurs). Je pourrai ajouter à ce constat que dans l’édition, accéder au lecteur relève d’un miracle si l’on ne’est pas un des éditeurs qui compte. Sur les 500 romans de la rentrée littéraire, de combien le lecteur entend-il parler? 10, 20, 30 au maximum. Toujours les mêmes, comme si les autres manquaient de qualité. Combien sont mis en avant dans les journaux, sur la tables des libraires? les mêmes! comme si les autres n’existaient pas!

Quel gâchis, et quel étrange façon de régler le sort de la littérature et de la qualité des auteurs. Facilité- trop, c’est trop-, complaisance d’un métier ou ceux qui parlent des livres sont édités chez ceux dont ils parlent? Sûrement certes, et cela est souvent dénoncé, mais pas simplement. Il y aurait comme une incapacité du système à traiter l’incroyable diversité de l’édition, quitte à faire mentir l’idée que la qualité paye! Ce qui n’est pas tout à fait  vrai dans l’agriculture…ou le local l’emporte pour le bio…OUF!

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Le citoyen-consommateur doit prendre le pouvoir

L’actualité de ces derniers jours laisse un arrière-goût amer, lorsque je revois par hasard le film de Coline Serreau: Solution locale pour un désordre global Les migrants qui fuient la misère, celle des guerres comme celle de la faim, les éleveurs de porc qui barrent les routes, désespérés de l’écroulement des cours, sont bien les victimes des maux dénoncés dans ce documentaire ravageur! La terre détruite par l’agriculture industrielle. Les paysans à qui on arrache leurs semences pour les intérêts de multinationales avides. Les déracinés jetés dans les bidonvilles puis sur les chemins de l’exil, sont ceux qui campent dans nos rues. Voilà les victimes de mensonges stupides.

Le président de la FNSEA ( le premier syndicat des Exploitants agricoles) et  PDG du premier groupe agro-industriel français, Xavier Beulin, qui demande aux Pouvoirs publics 3 milliards pour que les agriculteurs puissent moderniser, agrandir leurs exploitations,et donc concurrencer la productivité allemands et espagnols, profère un immense mensonge : le bio c’est cher, un luxe que peut se payer 15% de la population française. Les autres, nous les nourrissons grâce à notre agriculture industrielle à prix bas. Mensonge qui coûtera cher aux contribuables français, aux agriculteurs qui verront encore une partie d’eux obligée de quitter la terre ou de devenir salariés des plus gros, et le consommateur à qui on fera avaler de la viande médiocre. Et pour finir, le porc européen sera en surproduction, et il faudra jeter, indemniser… une catastrophe annoncée qui fera, entre temps, gagner beaucoup d’argent aux groupes industriels comme celui du Président de la FNSEA.

Revoyez le film de Coline Serreau, écoutez Dominique Guillet, Pierre Desbrosses, les Bourguignon,  Pierre Rabhi et son fameux bientôt en se mettant à table au lieu de se souhaiter bon appétit, il faudra se souhaiter bonne chance. Écoutez, regardeles indiens, les brésiliens, nous montrer leur terre, leurs expériences, leurs réussites. J’ai été émerveillé et ému de les revoir, de les entendre, de la justesse de leurs mots, de leur courage, de retrouver leur foi dans l’avenir. Ils disent tous, le pouvoir est entre les mains des consommateurs parce qu’on a retiré à ceux qui savaient nourrir la terre et les hommes leur outil, leur droit, leur désir de vivre.

Le pouvoir des consommateurs, ce n’est pas de mal se nourrir avec des produits de basse qualité, au moindre prix. C’est de bien se nourrir. Manger moins, manger, mieux disais-je dans un récent blog. Produire local, consommer local. Produire bien et bon, développer une agriculture d’humains et non de machines. Oui redonner de l’humain. Que les africains aient des raisons de vivre chez eux, que les paysans aient la fierté de nourrir bien leurs voisins, que les citoyens-consommateurs protègent la planète-terre. Pour finir, je renvoie les incrédules à cet article du Monde daté du samedi 29 août: L’industrie porcine use et abuse des animaux sans contrepartie. L’horreur absolue. Le monde concentrationnaire. La journaliste Ariane Chemin dresse avec la sociologue Jocelyne Porcher un constat effrayant sur le monde mortifère de l’usine à produire. Difficile de résumer en quelques mots leur entretien. L’indignation et la colère s’emparent de moi rien qu’en y repensant.

Les hommes qui mettent en œuvre de telles pratiques sont des criminels. Jocelyne Porcher: Ce qui compte, dans ce système de production, c’est d’augmenter la marge par kilo produit.(…) Ce système mortifère efface l’existence même des animaux. L’horreur!

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Il est doté d’un talent de dingue.

La critique littéraire Christilla Pellé-Douël n’y va pas de main morte, en qualifiant ainsi Jacques Bauchot pour La Fête des mères,( Carnets Nord) sélectionné par Psychologies Magazine dans un article « Quelle rentrée ».  La Fête des mères, qui sort le 3 septembre, voisine dans cette sélection avec 11 autres romans, à coté de Delphine de Vigan, et Christine Angoton dit que c’est le premier roman du mystérieux Jacques Bauchot, qu’il vivrait sur une île, au Congo…On s’en fiche: il est doté d’un talent de dingue. Revenons un instant sur cette histoire, celle d’une fratrie, dans une famille bourgeoise- apparemment bourgeoise- Une mère possessive, un père banquier. Tout pour être heureux, et rien ne se passe comme annoncé. Jacques, le héros devra se débrouiller pour vivre!

Le talent de dingue de Jacques Bauchot, c’est à la fois sa façon de mener l’histoire d’un éveil à la vie, et la révélation d’un style étonnant. Je pourrai le comparer à celle d’un cavalier à la maîtrise hors pair, celui qui sait jouer sur toutes les allures, nous les faire voir sans qu’à aucun moment on ne puisse imaginer que cavalier et cheval ne fassent pas qu’un. Ainsi dans la Fête des mères, Bauchot joue-t-il avec les styles pour n’en faire qu’un, et tout nous parait normal, évident. Pas d’effet de manches, pas de gros sabot, pas d’indélicatesse et d’aveu impudique. Tout en finesse et pourtant d’une violence explosive. La vie a un prix, celui de la mort que rencontre Jacques. J’ai aimé cette famille, cette mère finalement si fragile, ce père… chut!

Notre rentrée, c’est aussi Bon Vent de Georges Pernoud. Nous vous en avons déjà parlé. Le célèbre producteur-animateur de Thalassa, revient sur 40 années d’un succès jamais démenti, nous alerte sur la nécessité de sauver la mer parce que la mer peut sauver la terre, mais donne là un récit d’une vie d’amitié, de courage, d’esprit d’entreprise, de chance encore. La chance se saisit, avec les dents, s’il le faut!  Dans la préface qu’il donne à Bon Vent, l’académicien et ami de l’animateur de Thalassa, Eric Orsenna, lui donne l’appellation de « monsieur Georges », un salut amical en forme de coup de chapeau : merci, monsieur Georges, merci pour tant d’émerveillements… »

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